Accès aux soins dentaires déficients à Bourg-en-Bresse

« J’ai fait environ sept demandes et je n’ai été reçu qu’une seule fois par le dentiste »

« J’ai fait environ sept demandes et je n’ai été reçu qu’une seule fois par le dentiste », écrit à l’OIP un détenu du centre pénitentiaire (CP) de Bourg-en-Bresse, ajoutant avoir « attendu six mois avant d’obtenir une réponse favorable ». Un autre, qui souffre régulièrement des dents, se serait vu répondre par l’un des dentistes que son cas pouvait attendre sa sortie, prévue dans un an… Au dernier trimestre 2014, au moins 300 demandes de rendez-vous chez le dentiste du CP de Bourg-en-Bresse sont restées sans suite. Une situation alarmante, alors qu’une enquête menée par l’une des praticiennes auprès de 150 détenus montre que 80 % d’entre eux souffrent de problèmes parodontologies. En cause, le manque de moyens humains et matériels alloués à l’unité sanitaire de la prison. L’une des dentistes de l’établissement indique par exemple que la personne qui l’assiste n’est pas rem- placée en cas d’absence ou de congés. Il lui arrive alors de travailler seule, « ce qui renforce le risque de transmission de maladies nosocomiales et ralentit considérablement le travail ». Contactée par l’OIP, la direction du centre hospitalier (CH) de Bourg-en-Bresse admet les difficultés d’accès aux soins dentaires et précise qu’une demande d’acquisition d’un second fauteuil est en projet. Elle évoque également le recrutement d’un nouveau praticien et d’un assistant dentaire. Cependant, le CH ne serait « pas en capacité de porter financièrement ce projet » selon sa directrice, qui précise que la participation financière de l’Agence régionale de santé « sera nécessairement sollicitée ». Des démarches qui risquent encore de retarder le déblocage des moyens nécessaires. Sans compter la difficulté, selon la direction, « de trouver des chirurgiens-dentistes qui acceptent de venir travailler en milieu pénitentiaire ».

Coordination OIP sud-est