Renseignement pénitentiaire

« Aucun pays démocratique ne dispose d’un service de renseignement pénitentiaire » a déclaré le garde de Sceaux, à l’Assemblée nationale, en juin 2016. En effet, aucun ne permet à des agents pénitentiaires de recourir aux techniques des « services secrets » intérieurs et extérieurs. Néanmoins, la France a franchi le pas. En vertu d’un décret de janvier 2017, des personnels de l’administration pénitentiaire sont autorisés pour des finalités très larges –  la prévention du terrorisme et de la délinquance organisée – à utiliser la quasi-totalité du panel vis-à-vis des personnes sous main de justice: captation des données contenues dans un ordinateur, pose de micros ou de caméras cachées dans n’importe quel local, tel qu’une cellule, ou encore utilisation d’IMSI-Catcher – de fausses antennes relais qui interceptent les communications et les données de connexion de toutes les personnes détenant un téléphone portable ou un ordinateur dans un rayon pouvant aller jusqu’à 500 mètres. Or, «  à partir d’un tel procédé, les données de personnes non détenues présentes dans l’établissement ou à proximité (riverains, avocats, magistrats, autres personnels de justice, etc. » peuvent être « systématiquement recueillies » s’est alarmée la Commission nationale consultative des droits de l’homme. Tous les personnels et intervenants sont en outre conviés à transmettre une multitude d’informations et d’impressions sur les personnes ciblées. Une prescription remettant en cause le secret professionnel et la confiance nécessaire pour favoriser le processus de sortie de délinquance.

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