Violences carcérales

Le système carcéral est en lui-même générateur de violence et de tensions. « La prison rend nerveux, irritable, angoissé, agressif et stressé » soulignent des chercheures (Chauvenet and al, 2005). La surpopulation, les conditions matérielles de détention parfois indignes, l’absence de droit à l’expression, etc. font qu’un incident bénin peut facilement dégénérer et qu’une revendication, même simple, doit parfois prendre des formes extrêmes pour être entendue. La violence peut être tournée contre les autres ou contre soi-même : le taux de suicide est sept fois supérieur en prison qu’en population générale. Les données sur les actes hétéro-agressifs sont, quant à elles, sujettes à caution dans la mesure où elles s’appuient sur le recensement des incidents ayant fait l’objet d’un compte-rendu. Cependant, en 2015, l’administration pénitentiaire a dénombré 4 070 violences physiques exercées contre le personnel. Des coups et des bousculades pour la plupart (71,9%), le nombre d’« agressions graves » se limitant à 49. Elle a, en outre, recensé 8 425 agressions entre personnes détenues et 686 mouvements collectifs. Les agressions de détenus par les personnels ne font par ailleurs l’objet d’aucune statistique bien que des faits de violence verbale ou physique soient régulièrement rapportés. La violence est essentiellement gérée par une approche coercitive avec la mise en place de dispositifs de sécurité dite « passive », comme la vidéosurveillance, et des réponses disciplinaire et judiciaire. Cependant, de nombreuses études et expérimentations menées en France et à l’étranger ont montré qu’une autre approche, dite de sécurité « dynamique », privilégiant l’instauration d’espaces de négociation et de dialogue, était bien plus efficace pour prévenir et gérer les tensions.

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