Travailleurs sans contrat, les personnes détenues n’ont droit à aucune indemnité en cas de chômage technique, d’arrêt maladie ou d’accident du travail. Elles ne peuvent prétendre au salaire minimum et ne peuvent se prévaloir d’aucune forme d’expression collective ou de représentation syndicale. La majorité des activités qui leur proposées sont des tâches sous-payées, répétitives et non qualifiantes, qui n’ont parfois plus cours à l’extérieur. Nombreuses sont les instances qui ont dénoncé la situation du travail en prison. En septembre 2015, 375 universitaires ont même appelé le Conseil Constitutionnel à « sonner le glas d’un régime juridique aussi incertain qu’attentatoire aux droits sociaux fondamentaux des personnes incarcérées ». En vain. Conçu comme un instrument de gestion de la détention, le travail carcéral continue de s’exercer dans des conditions dignes du XIXème siècle.

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