Depuis le début des années 1990, 22 000 nouvelles places de prison ont été créées, sans endiguer la surpopulation carcérale faute d’évolution de la politique pénale. Réalisées à partir de 2004 par le biais de partenariats public-privé (PPP), ces constructions sont de véritables gouffres financiers. Endetté sur 25 à 30 ans, l’État doit faire face à des taux d’intérêts particulièrement onéreux (entre 2 % et 3 %) qui s’additionnent au remboursement des frais d’investissement. En comptant les impayés au titre de constructions directement gérées par l’État, la dette s’élève aujourd’hui à 6,3 milliards d’euros. Une somme que le Gouvernement entend encore alourdir de plus d’un 1,5 milliard d’euros avec le lancement de 33 maisons d’arrêt et 28 quartiers de préparation à la sortie supplémentaires. Avec la clé plusieurs effets d’éviction. L’entretien des prisons est délaissé ; plus d’un tiers des cellules (35,7%) peuvent être aujourd’hui considérées comme vétustes. Et la question des activités et de la réinsertion reste passablement négligée. Loin d’humaniser la prison, les prisons sorties de terre ces dernières années s’avèrent en outre des usines de 400 à plus de 600 places, où « chacun, détenu ou personnel, se trouve dans une solitude accrue », générant  angoisses et tensions (CGLPL, rapport 2011).

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