« Il y a des années qu’on sait que la prison, sur les courtes peines, génère de la récidive, c’est presque mécanique. Il faut arrêter ! Ça désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes » a déclaré la garde des Sceaux Christiane Taubira en août 2012, tenant de nombreux résultats de travaux en pénologie. Une approche que l’on retrouve en filigrane dans la loi pénitentiaire de 2009 qui pose comme principe que l’emprisonnement ne doit être qu’une sanction de dernier recours en matière correctionnelle et qu’en cas de prononcé d’une peine de moins de deux ans de prison (un an en cas de récidive) l’exécution sous la forme d’un aménagement de peine (semi-liberté, placement à l’extérieur ou sous surveillance électronique) doit être privilégiée. Pour autant, le nombre de personnes incarcérées pour une courte peine de prison ne cesse d’augmenter. Une situation qui devrait interroger à plus d’un titre. Les maisons d’arrêt, où se concentrent la surpopulation carcérale, abritent 19 409 personnes exécutant un reliquat de peine de moins d’un an de prison, et 4 138 de moins de deux ans (au 1er janvier 2017). Si ne serait-ce que celles dont la peine restant à effectuer est de moins d’un an en bénéficiaient d’un aménagement de peine comme la prévention de la récidive le requiert, il n’y aurait plus de surpopulation en maisons d’arrêt et l’encellulement individuel à 80 % pourrait être atteint. On compterait environ 27 430 personnes détenues dans ces établissements pour 33 460 places et 28 370 cellules

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