Communication avec l’extérieur

Fenêtres sur l’extérieur, et principal moyen pour une personne détenue de rester en contact avec ses proches, les communications écrites et téléphoniques ne sont néanmoins guère favorisées par l’administration pénitentiaire. Tous les courriers, à l’exception de ceux échangés avec son avocat ou certaines autorités administratives et judiciaires, peuvent être lus. Pourtant, le Conseil de l’Europe recommande d’être le moins intrusif possible, avec une ouverture des lettres seulement « si il existe une raison spécifique de soupçonner que son contenu pourrait être illégal » (RPE 24). Faute de cela, les personnes incarcérées et leurs proches tendent à s’auto-censurer. Ils « s’abstiennent d’évoquer des sujets trop personnels », ce « qui peut conduire à un appauvrissement des rapports affectifs et en définitive à un isolement sentimental » relève la Commission nationale consultative des droits de l’homme (2004). Les correspondances téléphoniques sont également écoutées. Les cabines, non cloisonnées, sont placées dans les cours de promenade ou les coursives, ce qui ne permet pas la confidentialité des conversations vis-à-vis des co-détenus. Les horaires sont en outre limités. Il est impossible d’appeler en fin de journée, après le travail de ses proches. Et les tarifs sont très élevés – un euro environ pour cinq minutes de conversation sur un poste fixe. Autant d’éléments qui favorisent l’introduction illégale de téléphones portables. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, ainsi que divers parlementaires de gauche comme de droite, se sont prononcés pour l’autorisation de mobiles quitte à ce qu’ils soient bridés pour ne permettre l’accès qu’à quelques numéros, ce qui permettrait de les contrôler et de limiter la lutte sans fin et coûteuse contre ces objets. Cependant, le sujet reste tabou. Comme l’accès généralisé et encadré à Internet qui permettrait pourtant de favoriser les démarches d’insertion.

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