Quelles sont les conditions de détention des femmes ?

Dans le monde invisible de la prison, les femmes sont une minorité pénalisée par sa faiblesse numérique, qui subit des discriminations spécifiques.

Une petite population cantonnée à quelques établissements

  • Au 1er janvier 2017, 2 265 femmes étaient détenues sur un total de 68 432 personnes incarcérées, soit 3,3% de la population carcérale. Deux prisons sont entièrement réservées aux détenues femmes : le centre pénitentiaire de Rennes et la maison d’arrêt de Versailles. La majeure partie des femmes sont donc incarcérées dans des « quartiers femmes » de prisons pour hommes. 56 établissements sont dotés de ces quartiers spécifiques.
  • En théorie, les conditions de vie des femmes en détention peuvent être perçues comme meilleures que celles des hommes : avec 2 458 places opérationnelles pour 2 265 détenues, elles semblent moins exposées aux conséquences de la surpopulation carcérale. Pourtant, ces chiffres masquent d’importantes disparités et la surpopulation est problématique dans les quartiers pour femmes de certaines maisons d’arrêt : à Nîmes (51 détenues pour 24 places, taux d’occupation : 213%), à Marseille (117 détenues pour 67 places, taux d’occupation : 175%), Bordeaux, Perpignan, Strasbourg, Saintes …
  • La localisation géographique non homogène des établissements pour peine recevant des femmes complexifie encore le maintien des liens sociaux ou familiaux. En effet, seuls six établissements en France peuvent accueillir des femmes condamnées à de longues peines : cinq sont dans la moitié nord de la France.

Un enclavement qui réduit l’accès aux activités

La stricte séparation des lieux d’hébergement des femmes et des hommes s’accompagne en théorie d’une possibilité de participer à des activités mixtes. Dans les faits, les « quartiers femmes » au sein des établissements qui accueillent des hommes et des femmes sont généralement enclavés, isolés du reste de la détention, ce qui rend l’accès aux différents services – comme les services médicaux, la formation ou les ateliers – plus difficile pour les femmes. Et ce d’autant qu’elles doivent être accompagnées dans tous leurs déplacements. Dans ces établissements, les femmes n’ont donc, en pratique, pas accès à la majorité des activités, d’abord pensées pour le plus grand nombre : les hommes.

Femmes enceintes ou accompagnées d’un nourrisson

Les femmes détenues sont soumises à la même règlementation que les hommes. Seules les femmes enceintes et les mères incarcérées avec leur enfant bénéficient d’un régime de détention spécifique « adapté » à leur situation. Les enfants peuvent être hébergés avec leur mère détenue jusqu’à l’âge de 18 mois.