Du 10 février au 4 juillet 2010, le musée Carnavalet présentera une série de 350 photographies réalisées dans les prisons parisiennes entre 1851 et aujourd'hui.
Partenaire de l'exposition, l'OIP qui aura carte blanche l'après midi du 27 mars, a choisi d'évoquer le thème de la fouille, humiliation suprême.
Le vernissage de l'exposition aura lieu le 9 février prochain de 16h à 21h.
« Que le regard se détourne et tout peut arriver...»*
Ici ou là, dans les médias, chacun pourra découvrir dans les jours et semaines qui viennent, cette affiche signée de l’Observatoire international des prisons. La proposition de l’Agence H (lire l'interview de T.Reichlin-Meldegg directeur de création de l'agence), qui a travaillé bénévolement à concevoir et réaliser cette campagne d’appel à don, s’est imposée. L’image est celle d’un jeune adulte qui nous regarde derrière les grilles de sa cellule. Sur cette image, un texte : « Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien » . Délibérément provocatrice, l’assimilation du prisonnier à un animal se veut bien évidemment réactive à la rhétorique sécuritaire qui, stigmatisant certains auteurs d’infractions par l’usage de termes comme « monstres » ou « prédateurs », sous-tend qu’ils perdent leur qualité d’être humain. Quant à l’interpellation sur les logiques qui président au geste de générosité, elle vise avant tout à contredire l’idée selon laquelle nos concitoyens seraient totalement indifférents au sort réservé, en leur nom, aux personnes détenues.
Pour visionner la vidéo associée à cette campagne cliquez ici.
Pour voir les photos de la campagne prises dans le métro parisien cliquez ici.
rapport 2009 : l'outil pour savoir et faire savoir
Dans quelques semaines, l’Observatoire international des
prisons sortira son nouveau rapport sur les conditions de
détention en France. Plus que jamais, le calendrier de cette
publication est important. Lors des débats sur la loi pénitentiaire
en octobre dernier, l’OIP s’est mobilisé pour expliquer que ce texte
risquait d’aggraver la situation dans les prisons françaises. Quand
la loi a été définitivement votée, nous avons pris nos responsabilités
en présentant un « mémoire » devant le Conseil constitutionnel.
À côté de ce combat juridique, il en est un autre : celui de
l’information.
Dix ans après la mise en évidence, au travers des commissions d’enquête parlementaires et du rapport Canivet, de la nécessité d’une réforme radicale du droit de la prison inscrivant dans le marbre de la loi le respect des exigences de l’Etat de droit et des droits de l’Homme, force est de constater que la loi pénitentiaire votée hier par le Parlement a tout du « détournement d’objet social ».
Loi pénitentiaire : navrante affirmation du statut du détenu
Paris, le 17 septembre 2009
Saluée comme une "considérable avancée" par Jean-Paul Garraud
(rapporteur de la commission des lois), l'affirmation dans la loi que "l'Administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits" se révèle à l'image de la discussion en cours, une mascarade.
Le Conseil d'Etat pourrait entériner la fin de l'encellulement individuel des prévenus
Lors d'une audience qui s'est tenue ce jour, le Conseil d'Etat a été invité par son rapporteur public à valider un décret du 10 juin 2008, attaqué par l'OIP, qui avait été pris pour faire échec à l'entrée en vigueur, après deux moratoires, des dispositions de la loi « présomption d'innocence » sur l'encellulement individuel des prévenus. Là où la loi du 15 juin 2000 consacrait un droit acquis à l'encellulement individuel des prévenus, le décret a prévu que les intéressés devaient, pour en bénéficier, adresser une requête écrite à l'administration, laquelle pouvait alors leur proposer une place dans un autre établissement, après consultation de l'autorité judiciaire.
Cour d'appel de Nîmes : examen de la demande de
suspension de peine d'un détenu sous assistance
respiratoire permanente
La section française de l'OIP informe des faits suivants:
La Cour d'appel de Nîmes examina demain la demande de suspension de peine présentée
par un détenu du centre pénitentiaire d'Avignon atteint d'une grave maladie pulmonaire,
placé sous oxygénothérapie permanente et en fauteuil roulant. La demande de celui-ci
avait été rejetée par le TGI d'Avignon, malgré l'inadéquation de sa prise en charge et
l'aggravation continue de son état de santé.
Centre de détention de Caen : fouilles corporelles incessantes pour un détenu refusant de sortir du mitard
La section française de l'OIP informe des faits suivants :
D.G. est soumis à des fouilles à nu systématiques depuis le 8 décembre 2009, date de son arrivée au quartier disciplinaire du Centre pénitentiaire de Caen. La direction de l'établissement a par ailleurs demandé à sa hiérarchie de transférer ce détenu dont la prise en charge constitue pour l'administration un véritable casse-tête puisqu'il lui impose, depuis plus de douze années consécutives, de purger sa peine au quartier disciplinaire.