Free cookie consent management tool by TermsFeed

« Il faut un contre-pouvoir »

« Je pourrais durant des pages décrire tout ce qui ne va pas, je connais les problèmes de la détention et vous les connaissez aussi.

Je pourrais vous dire les insultes et les menaces que certains agents profèrent régulièrement à mon encontre, je pourrais raconter comment j’ai passé plusieurs jours à manger à la main car mes couverts m’ont été retirés lors d’un changement de cellule. Je pourrais expliquer à quel point les fouilles intégrales brisent mon âme, etc. […]

Non, si je vous écris, c’est pour dénoncer la source de ces problèmes : “Il est une expérience éternelle que toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser”, disait Montesquieu. D’où la nécessité de contrôles réguliers et efficients, de sanctions strictes en cas de dérives, et surtout de donner le droit aux détenus de faire porter leur voix dans des actions collectives, seul moyen [d’instaurer un] contre-pouvoir permettant de briser l’opacité pénitentiaire et d’amener du contradictoire là où seule l’administration pénitentiaire parle depuis des années. Combien de syndicats de surveillants, combien leur voix est portée dans la scène médiatique, alors que le droit à la liberté de réunion et d’association garanti par l’article 11 de la CEDH est retiré aux détenus, que leur voix est occultée alors que plus que tout le monde, c’est eux les premiers concernés. […]

Il faut un contre-pouvoir et seule une association de détenus pourrait le constituer véritablement. »

Courrier reçu à l’OIP en août 2025

Ce témoignage est paru dans la revue de l’Observatoire international des prisons – DEDANS DEHORS n°128 – Préparation à la sortie de prison : le grand renoncement