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Les souris s’installent à la prison de Villenauxe-la-Grande

Depuis le début de l’année, les souris s’invitent dans les cellules au centre de détention de Villenauxe-la-Grande. La cohabitation avec les rongeurs n’est pas sans conséquences, sanitaires et psychologiques, sur le quotidien des personnes détenues. Monsieur M., par exemple, rapporte avoir préféré démissionner de ses fonctions d’auxiliaire d’étage plutôt que de passer son temps à « courir après les souris pour les chasser avec [s]on balai ». Il raconte avoir été menacé de déclassement – c'est-à-dire du retrait de son autorisation de travailler – s’il ne faisait pas disparaître toute trace des nuisibles.

Cette situation a été signalée à plusieurs reprises à la direction de l’établissement. À bout de nerfs, une personne détenue, Monsieur S., a même fini par expédier à la directrice adjointe un courrier contenant un cadavre de souris, en juin. Il a été relaxé par la cour d’appel de Reims, qui a considéré que cette démarche visait à « illustrer brutalement des doléances légitimes ».

Le 16 juin, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a enjoint à l’administration pénitentiaire de localiser précisément les nuisibles et de les éradiquer. À défaut, il a indiqué que leur présence pourrait être de nature à caractériser des conditions indignes de détention. La direction interrégionale du Grand-Est a fait savoir que plusieurs traitements avaient été mis en œuvre et que le protocole d’intervention serait renforcé à hauteur d’une fois par semaine en cas d’infestation. Pour autant, l’OIP a de nouveau été sollicité à plusieurs reprises, en août et en septembre, sur la présence persistante de souris au sein de l’établissement.

Le 10 octobre, la cour d’appel de Reims a reconnu que les conditions de détention de Monsieur S. étaient contraires à la dignité de la personne humaine et donné un mois à l’administration pénitentiaire pour y remédier. Non sans malice, elle constate que « la présence de rongeurs est toujours d’actualité […], au point que l’intéressé a pu en expédier par courrier, postérieurement à la dernière intervention, sans que cela lui pose quelque difficulté que ce soit pour s’en procurer. »