La République n’aurait-elle plus honte de ses prisons?

L'OIP interpelle les candidats Nicolas Sarkozy et François Hollande

Chers candidats,

Alors que la question carcérale n’aura pas fait l’objet de débats pendant la campagne électorale, l’Observatoire international des prisons tient à vous rappeler la situation hautement préoccupante des prisons françaises à laquelle sera confronté le prochain président de la République. Le rapport de visite du Comité européen de prévention de la torture (CPT) publié le 19 avril rejoint en ce sens les conclusions du rapport de l’OIP sur les conditions de détention en France dont vous avez pu prendre connaissance en décembre dernier.
Vous aurez à faire face à un niveau de surpopulation jamais atteint, alors que se multiplient des programmes d’extension du parc carcéral dont le CPT souligne la contradiction avec le principe d’aménagement des peines posé par la loi pénitentiaire de 2009. Le Comité relève également des violences et tensions accrues par le fonctionnement des nouveaux établissements, des méthodes de sécurité et discipline contre-productives, l’inapplication de la loi en matière de fouilles à nu des personnes détenues. Les conditions matérielles de détention et d’accès aux activités demeurent également insatisfaisantes, y compris dans des prisons récemment mises en service. Sont enfin relevés des délais non raisonnables d’accès aux soins, des entorses répétées au secret médical, des restrictions injustifiées au droit de téléphoner et à la liberté d’expression.

Sur tous ces aspects, l’Observatoire s’interroge sur les dispositions ou réflexions que vous souhaitez engager dans la perspective d’une limitation du recours à l’emprisonnement, mais aussi du respect du droit à la dignité pour toute personne détenue dans les prisons de la République.