« Il y a des années qu’on sait que la prison, sur les courtes peines, génère de la récidive, c’est presque mécanique. Il faut arrêter ! Ça désocialise, ça coûte cher et ça fait de nouvelles victimes » déclarait, en mars 2012, la garde des Sceaux Christiane Taubira, s’appuyant sur de nombreux travaux en pénologie. Des propos depuis repris depuis à maintes reprises, dont en mai 2019 par l’actuelle ministre de la Justice, Nicole Belloubet : « nous souhaitons remplacer les courtes peines désocialisantes et vecteurs de récidive par des peines autonomes plus efficaces » en milieu libre. Pour autant, les courtes peines restent légion en prison. Leur proportion n’a pas baissé. Un peu plus de 11 000 personnes exécutent une peine de moins de six mois, représentant près d’un quart de la population condamnée détenue. Plus de 9 000 exécutent par ailleurs une peine comprise entre six mois et un an, quand le code pénal pose de manière presque incantatoire le principe d’un emprisonnement dernier recours en matière de délit (article 132-19).

Sans allocation de moyens suffisants en direction des alternatives, ni réforme profonde des conditions de jugement, et en premier lieu de la comparution immédiate qui ne permet pas de s’attacher aux trajectoires des justiciables et d’adapter convenablement les sanctions, la réduction des courtes peines de prison restera un vœu pieu. De l’affichage politique. A fortiori dans un contexte de construction continue de nouvelles places de prison. Si le Gouvernement escomptait effectivement substituer aux « courtes peines » des alternatives plus qualitatives, un accroissement du parc carcéral pour mettre un terme à la surpopulation serait superflu.

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