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« J’ai dit à ma mère de ne plus venir me voir pendant les fortes chaleurs »

« Au parloir, c’est un vrai four. Le week-end dernier, ma mère, qui a 87 ans et qui est malade, est venue me voir. Pendant l’heure de parloir, elle s’est sentie particulièrement mal. Moi aussi, j’étais au bord de tomber dans les pommes.

À l’entrée, les surveillants ont refusé qu’elle entre avec sa bouteille d’eau, parce qu’elle était déjà ouverte, et que seules celles qui sont fermées sont autorisées, pour des raisons de sécurité. En plus, ma mère n’avait pas accès aux toilettes pendant le parloir, et alors qu’on avait demandé de l’eau une fois entrés dans le parloir, les surveillants n’en ont apporté qu’au moment où ma mère était en train de partir. Elle a donc dû faire sans eau tout du long.

Après ça, je lui ai dit de ne plus venir me voir pendant les périodes de forte chaleur. Je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose.

L’année dernière, il y avait un système d’aération, voire de climatisation, dans les parloirs. Cette année, il n’y en a plus. Il fait environ 35 degrés dans le box. C’est mortel.

Dans ma cellule, j’ai deux ventilateurs parce que je suis en cellule PMR, mais la ventilation est bouchée depuis l’hiver dernier. Dans les coursives, il n’y a aucune aération non plus.

La semaine dernière, lors de mon rendez-vous médical, j’ai dû taper sur la porte du box d’attente pour qu’un surveillant vienne. Il fait très chaud dans les box d’attente. J’ai demandé de l’eau, mais il m’a simplement dit d’aller me rafraîchir aux toilettes. Franchement, même les animaux ne sont pas traités comme ça.

Depuis qu’il fait très chaud, j’ai l’impression que les surveillants restent enfermés dans leurs bureaux, sans doute plus frais. On les voit beaucoup moins, voire plus du tout, dans les couloirs.

Je reconnais quand même qu’on reçoit une bouteille d’eau par jour. Il y a même eu une journée où j’en ai reçu quatre, mais je ne sais pas si c’est le cas pour les personnes qui ne sont pas en cellule PMR. »

Témoignage d’une personne détenue en île-de-France reçu à la permanence d’alerte et d’accès aux droits de l’OIP-SF le 1er juillet 2026