Chaque année, en France, plus de 200 personnes meurent en prison. Derrière ces chiffres, des vies, des parcours, des familles. Certaines de ces morts sont qualifiées de « naturelles », parfois dans des contextes de prise en charge défaillante. D’autres résultent de suicides – dont le risque est dix fois supérieur en détention qu’à l’extérieur – ou encore d’agressions. Trop souvent, ces décès surviennent dans l’isolement et dans des conditions indignes, et peinent à être pleinement reconnus.
Face à ces constats, le Collectif « Les mort·e·s de la prison »[1] organise, pour la 18e année consécutive, un rassemblement public en hommage aux personnes décédées en détention, le 16 avril à 18h30, à la Cimade (91 rue Oberkampf, 75011 Paris).
Ce temps de mémoire, ouvert à toutes et tous, vise à redonner une place et une dignité à celles et ceux qui sont morts en prison. À cette occasion, les prénoms, âges, dates et circonstances des décès seront lus publiquement par d’anciennes personnes détenues, des proches de personnes décédées, des représentant·e·s d’associations, ainsi que des professionnel·le·s du milieu pénitentiaire.
Au-delà de l’hommage, cet événement est également un moment de sensibilisation. Dans l’opinion publique, les réalités de la souffrance, de la maladie – qu’elle soit physique ou psychique – et de la mort en prison restent largement invisibilisées. Pourtant, la détention est un lieu où les vulnérabilités s’exacerbent et où l’on peut mourir dans des conditions qui interrogent profondément notre société.
Le collectif souhaite ainsi rendre visibles ces réalités méconnues et susciter une prise de conscience collective.
Enfin, cet hommage s’inscrit dans une démarche d’interpellation. Si ces morts sont aujourd’hui déplorées, elles ne sont pas une fatalité. Des actions concrètes doivent être engagées de toute urgence. Le collectif appelle notamment à :
- Une amélioration des conditions de détention, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des personnes ;
- La résorption de la surpopulation carcérale ;
- Un renforcement de la formation des professionnel·le·s intervenant en milieu pénitentiaire ;
- Une lutte active contre le silence entourant la mort en détention et ses conséquences psychologiques.
Contacts presse : Sophie Deschamps • 07 60 49 19 96 • sophie.deschamps@oip.org
[1] Organisations du collectif : l’Aumônerie catholique des prisons, la Cimade, Le Courrier de Bovet, Farapej, Fédération protestante de France, La Lucarne d’Ariane, l’Observatoire international des prisons-section française, le Secours Catholique – Caritas France