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« Il reste à peine 4 m² de surface disponible »

Alors que la population carcérale atteint un niveau historique avec 88 654 personnes détenues, dont 7 693 dorment sur un matelas au sol, une personne détenue à la maison d’arrêt de Nîmes raconte le quotidien d’un établissement surpeuplé, marqué par la promiscuité, les tensions et les violences.

« Bien que la maison d’arrêt dispose d’un nouveau bâtiment depuis septembre dernier, le taux d’occupation de la prison avoisine aujourd’hui les 250 %. Conséquence directe : nous sommes entassés à trois dans des cellules de 9 m². En réalité, si l’on déduit l’espace occupé par les sanitaires et le mobilier fixe, qui n’est pas utilisable, il reste à peine 4 m² de surface disponible. Nous vivons dans ces conditions au moins 22 heures sur 24.

Cette surproximité constante avec des inconnus aux rythmes et habitudes de vie différents crée inévitablement des tensions. Dans les cas les moins graves, elles se traduisent au minimum par des violences. Rien que sur les deux derniers mois, il y a eu quatre incendies de cellules. Hier matin encore, un homicide a eu lieu. Le jeune homme qui a perdu la vie n’avait que 22 ans. Il était entré en détention en janvier pour une courte peine et devait sortir cet été.
Et je ne parle que de ce que je peux voir, mais je ne sais pas tout.

Malgré les efforts du personnel pour répartir les détenus selon leurs profils et leurs situations, les mélanges deviennent inévitables face à la surpopulation. Le personnel pénitentiaire me semble de bonne volonté, mais il est totalement dépassé par la surpopulation, tout comme les SPIP, qui ne sont plus en mesure d’assurer un suivi cohérent compte tenu du nombre de personnes détenues.

Malgré les efforts du personnel pour répartir les détenus selon leurs profils et leurs situations, les mélanges deviennent inévitables face à la surpopulation. Le personnel pénitentiaire me semble de bonne volonté, mais il est totalement dépassé par la surpopulation, tout comme les SPIP, qui ne sont plus en mesure d’assurer un suivi cohérent compte tenu du nombre de personnes détenues. »

Ce témoignage a été reçu à l’OIP-SF le 23/04/2026

Le jeune homme de 22 ans mentionné dans ce témoignage est Yoan. Quelques semaines avant ce courrier, l’OIP avait reçu le témoignage de son beau-père, qui revenait sur son parcours carcéral et les circonstances de son décès : « Je tiens à vous parler de mon beau-fils Yoan. Pour que sa mort ne soit pas vaine. »