Colloque : insertion et désistance

Cette thématique des premières « Journées internationales de la recherche en milieu pénitentiaire», organisées en juin 2010 à l’ENAP, intervenait en réaction à la mise en avant de la mission de lutte contre la récidive issue de la loi pénitentiaire.

Elle est analysée comme un « glissement progressif vers la primauté des mesures de contrôle sur celles relatives à l’accompagnement social » (voir la préface de Paul Mbanzoulou). Sous l’impulsion de Martine Herzog-Evans, l’intervention de chercheurs étrangers issus du courant de la « désistance » (Shadd Maruna, Fergus McNeill, Chris Trotter…), qui analysent les processus de sortie de délinquance, a démontré le décalage entre les préoccupations de l’Hexagone et celles de pays ayant redéfini leur système de probation sur la base de la recherche. La contribution des Néerlandais Bas Vogelvang et Leo Tigges en fournit une illustration assez complète. Sur les méthodes d’évaluation qui « paraissent les plus pertinentes dans le cadre de la probation », ils évoquent un corpus d’études permettant « d’établir sans le moindre doute que le risque général de récidive des justiciables peut être évalué de façon fiable et valide ». Sur les méthodes de suivi, ils expliquent les apports des programmes de type cognitivo-comportemental qui permettent d’apprendre à « reconnaître et faire face à des réactions émotionnelles immédiates » ou à développer « des stratégies alternatives pour résoudre des problèmes et pour arriver à une communication efficace ». Ils soulignent enfin l’importance de la dimension sociale de l’accompagnement, dont l’axe principal peut se résumer au développement de relations positives, car « c’est uniquement dans le cadre des relations que le probationnaire peut développer son désir de se détourner d’une vie délictueuse » et « c’est uniquement dans le cadre d’une relation qu’on peut lui offrir les possibilités d’assouvir son désir ».

Insertion et désistance des personnes placées sous main de justice, . dir. Paul Mbanzoulou, Martine Herzog-Evans et Sylvie Courtine, L’Harmattan, septembre 2012, 26,50 €.