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Syndicat de la magistrature : « Attendre, c’est déjà renoncer »

A l’occasion de son 46e congrès fin novembre 2012, le syndicat de la magistrature a adopté une «motion d’urgence», affirmant «avec force que des mesures essentielles, souvent simples, peuvent et doivent être prises sans attendre ».

Dans l’assistance, Christiane Taubira a pu entendre l’exhortation des juges à « en finir immédiatement avec ces monstruosités juridiques et philosophiques » que sont les peines plancher et la rétention de sûreté. Car « attendre, ici, c’est déjà renoncer » : ces dispositifs perpétuent leurs dégâts, « dans les têtes et sur les corps ». Les magistrats invitent le gouvernement à « donner un contenu immédiat à une nécessaire décroissance pénale », en revenant « sur le dogme du tout carcéral, […] en dépénalisant de nombreuses infractions, et en instaurant un numerus clausus pénitentiaire mettant un terme à la surpopulation carcérale ».

Sur le « front dévasté de la justice des enfants », qu’a-t-on fait ? « Au-delà des discours, irréprochables : rien. » Le débat enclenché en début de législature autour des centres éducatifs fermés illustre le processus d’abandon à l’œuvre : « Une critique pertinente et courageuse, une décision d’évaluation bienvenue, puis un communiqué penaud rappelant la promesse présidentielle d’en doubler le nombre. » Le syndicat réclame le retour à une justice des enfants spécifique, « notamment par la suppression du tribunal correctionnel pour mineurs, et par l’allocation de moyens substantiels à la Protection judiciaire de la jeunesse ». « Il est bien sûr trop tôt pour dresser un bilan, reconnaît le président de l’organisation, mais il sera bientôt trop tard pour déplorer que la déception et le sentiment de trahison – non seulement des promesses, mais surtout des valeurs – se répandent à juste titre. »

Syndicat de la magistrature, motion du Congrès, 23 au 25 novembre 2012, Rapport moral et rapport d’activité pour l’année 2012.

Conférence de presse du rapport d'enquête sur la détention des 13-17 ans