La visite parlementaire du 19 février au Centre pénitentiaire de Bordeaux Gradignan a révélé l’absence d’accès à l’école des adolescents placés au quartier disciplinaire (QD) de l’établissement. Cette privation d’enseignement, qui enfreint les textes réglementaires encadrant le régime de détention des mineurs, constitue une atteinte aux droits fondamentaux des enfants et met en péril le parcours éducatif des jeunes incarcérés.
Lors de la visite qu’il a effectuée le 19 février 2026 au quartier mineurs (QM) de Bordeaux Gradignan, accompagné de journalistes, dont l’Observatoire international des prisons (OIP-SF), le député Pouria Amirshahi a constaté que les adolescents placés au quartier disciplinaire (QD) étaient privés d’école. D’après le chef d’établissement, cette privation, effective pour les adolescents comme pour les adultes, fait partie de la sanction : « L’aspect disciplinaire prime sur le statut d’apprenant. Au QD, on est sur de l‘infra-scolaire et du supra-disciplinaire ».
Pourtant, le droit à l’éducation est protégé par la Convention internationale des droits de l’enfant, et consacré en France par le Code de l’éducation. Sur le papier, la prison ne fait pas exception, y compris lors du placement en cellule disciplinaire où l’accès à l’enseignement est garanti pour tou•tes les adolescent•es. En effet, la circulaire du 24 mai 2013 relative au régime de détention des mineurs précise que “compte tenu de la place prépondérante donnée à l’enseignement, à la formation et aux activités éducatives dans le parcours personnel du mineur, le placement au quartier disciplinaire n’interrompt pas les activités d’enseignement ou de formation”, contrairement au régime de détention applicable aux adultes placés au quartier disciplinaire.
À l’échelle nationale, la difficulté d’accès à l’enseignement, particulièrement pour les adolescent.es, est bien identifiée, en raison de la faiblesse des ressources humaines, mais aussi des contraintes sécuritaires qui entravent les temps collectifs et les mouvements en détention. Cette difficulté est exacerbée au QD. Parce que les jeunes y sont maintenus pendant la durée de leur sanction, les enseignants doivent venir à eux•lles pour leur donner des cours individuels, ce qui demeure rare au vu du manque d’effectifs d’agents pénitentiaires et d’enseignants. Outre la question des moyens, les enseignants peuvent faire face aux réticences de l’administration pénitentiaire à les laisser intervenir au QD. Mais à Bordeaux Gradignan, l’éventualité de maintenir les cours n’est même pas envisagée.
L’OIP appelle l’administration à mettre fin en urgence à cette atteinte aux droits fondamentaux des enfants. Dans un contexte carcéral où l’accès à l’éducation est quotidiennement mis à mal, les multiples mesures prises au nom de la sécurité entraînent un isolement de fait des adolescent•es incarcéré•es et des ruptures dans la prise en charge éducative.
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