Projet de loi de finances 2017 : Constructions de prisons, arrêtons le gâchis !

Dix-sept organisations professionnelles et de protection des droits de l’homme signent aujourd’hui une Lettre ouverte à l’attention des députés pour les appeler à ne pas adopter le volet justice du projet de loi de finances, qu’ils examineront le vendredi 4 novembre 2016.

Le projet de loi consacre 1,5 milliard d’euros à l’accroissement du parc carcéral français, dont 1,158 milliard pour le lancement d’une nouvelle vague de construction de plus de 4 000 cellules. Un budget qui viendra alourdir une dette de 6,3 milliards d’euros contractée pour le financement des programmes immobiliers engagés depuis plus de dix ans et dont le remboursement s’étale d’ores et déjà sur les vingt prochaines années. Et qui viendra asphyxier les fonds disponibles quand il y a urgence à entretenir le parc carcéral actuel, développer les activités en détention, accompagner les personnes dans leurs démarches d’insertion, et renforcer les alternatives à l’emprisonnement et les aménagements de peine, plus efficaces en matière de prévention de la récidive.

De très nombreux travaux de recherche en France et à l’étranger pointent l’impasse des politiques d’accroissement du parc pour résorber la surpopulation pénitentiaire et les dangers d’une réponse carcérale économiquement et socialement coûteuse et contreproductive. A l’heure où de plus en plus de pays sont engagés dans un mouvement transcendant les clivages politiques pour chercher d’autres solutions, les organisations en appellent au sens des responsabilités et de l’intérêt général des députés afin qu’ils refusent d’adopter ce volet du projet de loi de finances 2017.

Le 4 novembre au matin, une délégation composée de représentants des organisations signataires s’est rendue à l’Assemblée nationale pour remettre symboliquement une lettre ouverte aux membres de l’Assemblée nationale. Ils ont exhibé un chèque géant d’1,5 milliard d’euros payables par le contribuable à l’ordre de « Prisons, école du crime ».