(Ré)veilleurs de nuit

Certains arrivent à grand bruit
En parlant, sans souci de l’heure.
Qu’en pensent donc les travailleurs ?
C’est pas sympa ! Qu’ils sont maudits ?
Laissant claquer grilles et portes,
Pirouetter les œilletons,
Mais que bien peu ne leur importe,
Ils sont puissants, ils sont matons.
Puis la veilleuse est éclairée
Dans un réflexe conditionné,
Quand bien même lumièr’ télé
Seraient restées toutes allumées.
Dans un sommeil très morcelé,
Nous pouvons être réveillés
Par un têtu très angoissé
Qui laissera lumièr’ briller
Jusqu’à ce qu’il ait vu bouger.
Mais bien dormir est-il un luxe ?
Et ne se prendrait-il pour Dieu ?
En nous faisant ouvrir les yeux,
Fier comme un paon disant fiat lux !
D’autres a contrario discrets
Peuvent se mouvoir en secret,
De lumièr’ ne pas abuser,
Ainsi le repos respecter.
Ceux-ci, de nous sont appréciés
Mais ne sont pas légion romaine,
Pourtant il faudrait les nommer
De tous les autres, capitaines.

Par Alain Térieur