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« L’établissement est une porcherie totale »

J’ai été incarcéré à la maison d’arrêt de Bois d’Arcy du 15 septembre 2022 au 26 mai 2025. Pendant cette période, j’ai écrit des centaines de courriers à la juge d’instruction, au JLD [juge des libertés et de la détention], au DDD [Défenseur des droits], à l’OIP, au CGLPL [Contrôle général des lieux de privation de liberté], entre autres, sur tout ce que j’ai subi de la part des fonctionnaires de la maison d’arrêt de Bois d’Arcy.

Le 27 mars 2025, sans me donner de raison, on me dit de préparer mes affaires pour changer de cellule, j’ai obéi. Quand j’ai vu la cellule où on voulait me mettre, j’ai refusé parce que ça portait atteinte à ma dignité, à mon intimité et à ma sécurité. Sans me mettre les menottes, ils m’ont conduit au mitard. J’ai préféré le mitard à la cellule d’une place à partager avec un autre détenu (je veux que mes droits soient respectés). Après 65 jours sans sortir du mitard, ils m’ont transféré à Osny-Pontoise. Le transfert n’était pas disciplinaire, il avait pour but d’améliorer mes conditions de détention, selon la directrice de détention.

Le transfert à Osny-Pontoise a été un échec total. Le 26 mai 2025 a commencé l’enfer. L’établissement est une porcherie totale, les cours de promenade n’ont ni toilettes, ni tables, ni bancs, ni abri en cas de pluie […] J’ai fait une demande pour toutes les activités que j’avais à Bois d’Arcy, et en neuf mois, on m’a donné la messe et, quand ils se souviennent de m’ouvrir la cellule, je peux aller aux échecs. J’ai un certificat médical pour avoir accès au « sport-santé », mais personne ne vient me chercher pour y aller. J’ai aussi un certificat pour des coussins en raison de mon hernie discale, mais rien.

Personne ne répond à mes demandes ou presque, j’ai fait des dizaines de demandes de septembre à aujourd’hui pour qu’on me coupe les cheveux, j’ai écrit à tout le monde, du chef d’établissement jusqu’aux surveillants, sans retour. J’ai eu accès au service SPIP [service pénitentiaire d’insertion et de probation] une fois en juin 2025, au psychologue une fois. Quand je souhaite avoir accès au service médical et que mes demandes restent sans réponse, j’appelle l’OIP et le lendemain on m’appelle, mais c’est une situation précaire.

Le 5 novembre 2025, j’ai écrit au procureur de la République pour porter plainte en raison d’une violente agression physique subie de la part d’un gradé. J’ai obtenu un certificat médical et saisi le DDD de l’affaire. J’ai relancé depuis février le procureur de la République et j’attends son retour.

Aujourd’hui en France, en 2026, nous vivons des conditions de détention du Tiers-monde. »

Courrier reçu à l’OIP depuis la maison d’arrêt d’Osny-Pontoise, en février 2026.