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Rapport d’enquête : Adolescence emprisonnée, Le désastre de la réponse carcérale

Après un an d’enquête, l’OIP-SF publie le 22 septembre un rapport sur la détention des 13-17 ans.

Dans un contexte de durcissement des discours politiques sur la délinquance juvénile et de remise en question récurrente du principe même d’une justice différenciée entre personnes mineures et personnes majeures, l’Observatoire international des prisons – section française (OIP-SF) a souhaité consacrer un rapport d’enquête sur l’incarcération des adolescent·es.

Après plusieurs mois d’enquête, l’OIP-SF rend compte de la réalité des conditions de détention et de la prise en charge des adolescent·es incarcéré·es, et plus encore des conséquences de l’incarcération à des âges marqués par d’importantes transformations physiques, cognitives et psychologiques.

En France, près de 3 000 adolescent·es sont incarcéré·es chaque année, après avoir souvent connu différentes formes de précarité, des violences, des ruptures familiales, des déscolarisations ou des souffrances psychiques. Ils et elles sont déténu·es dans 41 quartiers mineurs (QM) et six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). Créés en 2002, et ouverts en 2007, avec l’ambition de proposer une prise en charge éducative renforcée, ces derniers devaient rompre avec le modèle de détention des quartiers mineurs. Près de vingt ans plus tard, les EPM, qui ne devaient pas ressembler à une prison, en ont pourtant tout d’une.

L’enquête décrypte et pointe les limites d’une prise en charge théoriquement centrée sur un accompagnement éducatif global, mais fortement mise en échec par l’univers carcéral : offre d’enseignement et d’activités au rabais, accès aux soins entravé, encellulement prolongé, dans un contexte de priorités sécuritaires, d’isolement et d’expériences traumatiques.

S’appuyant sur les témoignages d’ancien·nes adolescent·es détenu·es et de leurs proches, de nombreux entretiens avec des professionnel·les, des constats de terrain ainsi que sur l’analyse d’une large base documentaire et statistique, ce rapport dévoile l’impossible promesse d’une prison à vocation « éducative ».

Loin de réparer, l’incarcération aggrave trop souvent des fragilités préexistantes et peut laisser des séquelles durables. Quand la prison achève d’abîmer une jeunesse socialement délaissée, c’est le principe même de l’incarcération des adolescent·es qu’il faut interroger.

DOSSIER DE PRESSE

L’OIP-SF, accompagné de professionnel•les de terrain, vous présentera les conclusions de son rapport lors de la conférence de presse en ligne le 22 septembre à 10 h. Inscription obligatoire : cliquez ici.