Villepinte : 43 jours de grève de la faim contre des fouilles à nu systématiques injustifiées

Membre d’un mouvement d’extrême gauche turc, M. Cakir a été incarcéré en octobre 2015 à la maison d’arrêt de Villepinte pour une infraction en lien avec une entreprise terroriste.

Bénéficiant chaque semaine de visites de sa fille, il a été informé au lendemain des attentats du 13 novembre qu’il ferait désormais l’objet de fouilles à nu à l’issue de chaque parloir, sans qu’aucun élément nouveau ne soit venu justifier ce changement de régime. Considérant ces fouilles intégrales humiliantes, il demande à pouvoir bénéficier de parloirs hygiaphones, qui comportent une vitre qui sépare totalement la personne détenue de son visiteur et rend par conséquent impossible la transmission d’objets.
Demande refusée au motif que « ces boxes […] sont des sanctions et non des choix » (sic). C’est en revanche une toute autre sanction qui lui est imposée : il est placé à deux reprises pour huit jours au quartier disciplinaire pour avoir refusé d’être fouillé à nu à l’issue d’un parloir. Or, la loi pénitentiaire de 2009 encadre strictement le recours aux fouilles intégrales, le conditionnant aux principes de nécessité, proportionnalité et subsidiarité. En ce qui concerne M. Cakir, il semblerait que seul le motif de sa condamnation ait motivé la décision de fouilles intégrales, tandis qu’aucun des autres moyens de contrôle à la disposition de la maison d’arrêt (portique de détection de masses métalliques, parloir hygiaphone) n’a été envisagé. M. Cakir renonce alors à voir ses proches. Il engage une action en justice pour contester la légalité des mesures prises à son encontre et entame une grève de la faim qui durera 43 jours. A l’approche de l’audience, M. Cakir apprend le 8 janvier que la direction est revenue sur sa décision : il met fin à sa grève de la faim. Le jour-même, il est transféré au Centre pénitentiaire de Réau, où il peut désormais recevoir des visites et a obtenu, pour éviter tout régime de fouille, de recevoir sa famille dans le cadre de parloirs hygiaphones.

OIP