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Dénoncer l’indignité des conditions de détention ne devrait jamais constituer un délit !

Ce vendredi 25 septembre 2026, Raphaël Kempf, avocat au Barreau de Paris, était appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Nancy. L'audience a été renvoyée au 31 mai 2027. Son tort ? Avoir vertement critiqué auprès d’une directrice des services pénitentiaires le sort imposé à l’un de ses clients placé à l’isolement.

À l’incarcération, qui brise déjà la plupart des liens avec l’extérieur, ce régime de détention ajoute en effet la rupture des contacts avec les autres personnes écrouées. Une mise à l’écart qui, outre un confinement seul en cellule le plus clair du temps, se traduit généralement par une rigueur renforcée : fenêtres obstruées, promenade solitaire dans une cour dont l’ouverture au ciel est grillagée ou encore accès aux activités encore bien plus réduit qu’en détention ordinaire…

Les effets néfastes de l’isolement sur la santé physique et psychique ne sont plus à démontrer : troubles anxieux, altération des sens, décompensation psychologique. Autant de symptômes qui s’aggravent au fil du temps. « À tel point que le personnel soignant dénomme “torture blanche” » l’usage prolongé de l’isolement, soulignait la Commission nationale consultative des droits de l’homme en 2005.

Depuis 30 ans, la section française de l’Observatoire des prisons n’a que trop constaté la violence et la relative indifférence avec laquelle certaines mesures administratives s’abattent sur les personnes détenues et leurs proches. Avec ses mots et la légitime indignation d’un défenseur des droits, Raphaël Kempf n’a fait que la dénoncer.

Au-delà de la liberté de parole qui s’attache naturellement à l’exercice de la profession d’avocat, critiquer l’indignité des conditions de détention ne devrait jamais constituer un délit.

Contact presse : Sophie Deschamps · 06 26 26 79 91 –  sophie.deschamps@oip.org