Est-ce que ça vaut la peine ?

Plus de la moitié des peines de prison prononcées chaque année sont des peines très courtes, de moins de 6 mois. On emprisonne pour des délits mineurs, parfois des actes de nécessité, commis par indigence, par négligence. Des peines alternatives existent pourtant, qui permettent de réparer la faute, de ne pas briser de vies, et d'éviter la récidive. Emprisonnés pour peu ou bénéficiaires d'alternatives, ils témoignent.

Farid

Farid a connu la prison à 18 ans, pour un délit mineur. Et la sortie sèche, sans accompagnement. Aujourd’hui condamné pour vol à des travaux d’intérêt général, il témoigne de ce que cette peine alternative lui apporte et lui permet.

 

Julien

Julien a passé 14 mois en prison pour avoir conduit sans permis et sous l’effet de stupéfiants. Sa mère témoigne au micro de RMC.

 

Julie

Suite à une altercation avec un agent de police, Julie a été condamnée à 4 mois de sursis et 2 mois de prison ferme aménagés en travaux d’intérêt général. Purger sa peine à l’extérieur lui a permis de passer comme elle l’avait prévu le concours d’éducateur spécialisé. Aujourd’hui en fin de formation, elle témoigne.

 

Jérémy

Jérémy a 30 ans. Il a été condamné à 6 mois de prison ferme pour avoir conduit en état d’ébriété. Son avocate Bettina Sacépé témoigne.

 

Harry

Harry, 20 ans, prend un traitement régulier car il souffre de troubles psychiatriques importants. Marginal, il n’a pas d’adresse, pas de travail. Un jour, il vole une paire de chaussures dans un centre commercial. Pour cela, il sera condamné à 3 ans de prison ferme. Son avocate témoigne.

 

Serge

À cause d’une blessure mal soignée à la jambe, Serge, 26 ans, est sous traitement depuis deux ans et doit régulièrement faire des séances de rééducation. Intérimaire dans la manutention malgré une formation de peintre décorateur, Serge est actuellement en poste. En 2009, il avait été condamné à 8 mois de prison avec sursis pour violences… Mais depuis, il s’est rangé, la justice n’a plus entendu parler de lui. Jusqu’au 15 mars dernier, où il a été contrôlé au volant alors qu’il n’a pas le permis de conduire.

C’est donc pour défaut de permis qu’il est jugé dès le lendemain, et pour s’être rebellé contre l’agent pendant le contrôle. Le procureur réclame, en guise « d’électrochoc », 6 mois de prison, à visée « pédagogique ». Serge sera heureusement condamné à 75 h de travaux d’intérêt général (TIG) : cela lui permettra de conserver son emploi et de maintenir les liens avec ses proches, mais aussi de continuer à se soigner.

 

Ali

Aîné d’une famille nombreuse, orphelin de père, Ali tombe dès l’adolescence dans la petite délinquance : dégradation de biens publics, petits larcins, agressivité… Jusqu’à ce qu’il soit finalement jugé pour outrage à agent et rébellion, et condamné pour cela à des travaux d’intérêt général. Pour le compte du bailleur social de son quartier, il devra, gratuitement, réparer les dégradations qu’il a commises : peinture de halls d’immeuble, tracé de parkings, etc.

 

Fatouma

En 2002, Fatouma a été incarcérée pour une affaire de stupéfiants. En 2017, alors qu’elle a reconstruit sa vie et que la justice n’a plus entendu parler d’elle depuis dix ans, elle est condamnée à un mois de prison ferme pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle d’identité.

« L’audience s’est mal passée. Ils n’ont pas hésité à parler de mon casier judiciaire, comme si je ne m’étais jamais réinsérée. Jamais je n’oublierai ce que j’ai ressenti à la barre. J’ai baissé la tête, et tandis que la juge faisait défiler mon casier judiciaire, je revoyais toute ma vie, de mes 18 ans jusqu’à mes 28 ans. Je ne m’attendais vraiment pas à être condamnée à de la prison ferme. Comme si toute cette vie que j’avais construite ces dernières années était tombée à l’eau. »

Maltraitée par sa codétenue et par une surveillante, Fatouma apprendra le décès de sa mère pendant sa détention. Son passage en prison lui fait également perdre son travail.

« En Algérie, j’ai écrit à la surveillante qui m’a remonté le moral quand j’ai appris le décès de ma mère. Jamais je n’ai autant pensé à la prison que là-bas, lorsque je me suis rendue sur sa tombe, car toute la famille a été informée de la raison de mon absence… »

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