Quelques idées reçues sur la prison

Le temps de la campagne électorale, l'OIP, en partenariat avec les auteurs de bande dessinée de l’Épicerie séquentielle, propose un dessin par semaine pour déconstruire les idées reçues sur la prison.

©Alexe Lolivrel

Envoyer les délinquants en prison, ce n’est pas mieux protéger la société. Au contraire !

La prison produit ce qu’elle entend combattre : elle aggrave l’ensemble des facteurs de délinquance en fragilisant les liens familiaux, sociaux ou professionnels, et elle favorise les fréquentations criminogènes.

Résultat : 61% des personnes condamnées à une peine de prison ferme sont réincarcérées dans les cinq ans. Des chiffres qui tombent à 34 et 32% pour une peine alternative à la prison comme le travail d’intérêt général ou le sursis avec mise à l’épreuve.

 

©Ugo Panico

« Il faut se défaire résolument de l’idée commune selon laquelle les effectifs de personnes emprisonnées sont liés à l’état de délinquance du pays », rappelle Jean-Marie Delarue, ancien Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

En effet, l’augmentation de la population détenue est surtout liée à des orientations de politique pénale, dont l’inflation de mesures favorisant l’incarcération.

 

©Marie-Lys

Plus de la moitié des peines prononcées chaque année sont des peines très courtes, de moins d’un an. Les personnes condamnées pour les crimes les plus graves sont très minoritaires dans les prisons françaises : les peines de 20 à 30 ans concernent 3,2% des condamnés, la perpétuité 0,8%.