Créée le 19 janvier 1996, la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP-SF) agit depuis trente ans pour défendre les droits fondamentaux des personnes détenues et rappeler que le respect de l’État de droit ne s’arrête pas aux portes des prisons.
Depuis trois décennies, l’OIP-SF documente les atteintes aux droits en détention, alerte les pouvoirs publics, accompagne les personnes détenues et leurs proches, et saisit les juridictions nationales et internationales lorsque les violations persistent. Son action s’inscrit dans une conviction constante : une société plus juste ne se construit pas par la sur-incarcération, mais par le respect des droits et de la dignité de toutes et tous. Trois exemples parmi d’autres.
Dès 1996, l’OIP-SF publie la première édition du Guide du prisonnier, un outil inédit destiné à rendre le droit accessible, compréhensible et utile aux personnes détenues comme à leurs proches. Trente ans plus tard, la sixième édition, enrichie et actualisée, reste une référence largement utilisée, y compris par des professionnel.les du champ prison-justice — avocat.es, magistrat.es, personnels pénitentiaires.
Mais lorsque le droit reste lettre morte, l’OIP-SF agit sur le terrain contentieux. En janvier 2020, après des années d’alertes restées sans réponse, la Cour européenne des droits de l’Homme condamne la France pour traitements inhumains et dégradants et pour l’absence de recours effectif contre l’indignité des conditions de détention. Cette décision historique, rendue notamment à la suite de requêtes portées par des personnes détenues accompagnées par l’OIP-SF, reconnaît officiellement la réalité de la surpopulation carcérale et l’échec des mécanismes de protection dénoncés de longue date.
L’OIP-SF a également fait le choix de mettre en lumière des réalités souvent invisibilisées. En 2019, le rapport d’enquête Omerta, opacité, impunité révèle, après une année d’investigations et des centaines de témoignages, l’existence de violences commises par des agents pénitentiaires et les défaillances institutionnelles permettant leur persistance. Ce travail a contribué à briser un silence durable autour de ces pratiques.
Guide juridique, actions contentieuses, enquêtes de fond : ces initiatives ne sont que quelques exemples parmi bien d’autres d’actions menées depuis 1996.
En 2026, ces combats demeurent pleinement d’actualité. Face à des politiques pénales toujours plus répressives et à une sur-incarcération persistante, l’OIP-SF poursuit et renforce son action : publication prochaine d’un guide Discours et contre-discours sur la prison destiné à outiller les mobilisations, rapport d’enquête inédit sur les adolescent.es incarcéré.es, contentieux stratégiques pour contraindre l’État à agir contre l’indignité des conditions de détention, et développement des groupes locaux de l’OIP-SF sur l’ensemble du territoire.
Parce que défendre les droits en prison, c’est défendre l’État de droit lui-même, l’OIP-SF entend continuer à porter ces combats collectifs, aujourd’hui comme depuis trente ans.
Contact presse : Sophie Deschamps – 06 26 26 79 91 – sophie.deschamps@oip.org