Saint-Quentin-Fallavier : neuf mois de combat pour obtenir un permis de visite

Le 22 septembre 2016, Eléonore F. revoyait son compagnon pour la première fois depuis neuf mois, au parloir du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

La direction de l’établissement avait auparavant refusé à deux reprises de lui accorder son permis de visite. Le premier refus s’appuyait sur un avis défavorable – mais non contraignant – de la préfecture de l’Isère au motif qu’elle était « connue des services de police », et que cela pourrait nuire au maintien de la sécurité ou au bon ordre de l’établissement.
Après un premier recours hiérarchique infructueux, Eléonore F. avait décidé de saisir en urgence le tribunal administratif de Grenoble. Dans son ordonnance, rendue le 13 juillet dernier, le juge des référés avait estimé que « les décisions refusant un droit de visite à [Mme F.] portent à sa situation et à celle de son compagnon des conséquences […] graves et immédiates ». Le juge avait par ailleurs émis un « doute sérieux » quant au « risque que ferait encourir [Mme F.] à la sécurité de l’établissement » et donc demandé au directeur « de statuer provisoirement sur la demande de permis de visite présentée par Madame [F.] », sans plus de précisions. Profitant de la formulation vague du juge administratif et résolu à ne pas faire droit à la demande d’Eléonore F, le directeur prit une « nouvelle » décision… de refus.
Mais alors qu’elle engageait un nouveau recours, le jour-même, elle recevait un appel du service des parloirs de la prison lui expliquant que finalement, le directeur allait lui octroyer un permis de visite. Si elle n’est toujours pas en possession d’un document écrit, Madame F. a pu réserver son premier parloir le 22 septembre dernier. Mais ce que l’administration donne d’une main, elle semble vouloir le retirer de l’autre : le pourvoi en cassation engagé par le ministère de la Justice contre la décision du TA de Grenoble suspendant le refus de permis de visite a en effet été maintenu.
De sorte qu’une décision pourrait à nouveau changer la donne.

Par Amid Khallouf, coordination Sud-Est