Usagers de drogues en détention : apprendre des expériences

Une majorité des personnes détenues dans les prisons d’Europe connaissent des difficultés liées à la consommation de produits stupéfiants, conjuguées à de problématiques sanitaires et sociales.

Alors que les administrations pénitentiaires répondent traditionnellement à l’usage de produits stupéfiants par une approche centrée sur l’abstinence, le projet européen ACCESS (Access to harm reduction and continuity of care for drug users in custody accès à la réduction des risques et à la continuité des soins pour les utilisateurs de drogues en milieu carcéral) organisait une conférence, les 5 et 6 octobre 2012 à Milan, pour présenter des exemples de nouvelles politiques, recherches et interventions en matière de traitement et réduction des risques en milieu carcéral. Les utilisateurs de drogues, comme l’a montré une enquête menée par le médecin responsable de l’UCSA au centre pénitentiaire de Liancourt, ne s’arrêtent pas de consommer lorsqu’ils sont incarcérés. Pour autant, « reconnaître l’existence de la consommation de drogues en milieu pénitentiaire reste encore un tabou pour beaucoup, pour le personnel pénitentiaire et pour les détenus eux-mêmes. Le manque de continuité des soins en milieu carcéral, entre l’entrée et la sortie de prison, contribue à des échecs thérapeutiques et de réinsertion. Il produit également des risques importants d’overdoses parfois mortelles* ».

www.accessproject.eu

* Olivier Sannier et al., Réduction des risques et usages de drogues en détention : une stratégie sanitaire déficitaire et inefficiente, Presse Med, 2012