« Ce n’est pas la longueur de la peine qui compte, c’est son contenu »

Remettre en cause les pratiques et politiques pénales fondées sur des idées reçues ou dogmatismes. Tel est le principal apport de la recherche canadienne, qui a dégagé les critères d’une intervention efficace pour réduire la récidive. Depuis sa participation à la conférence de consensus en 2012, Denis Lafortune les enseigne en France.

Entretien avec Denis Lafortune.

Directeur de l’école de criminologie de l’université de Montréal, Denis Lafortune a d’abord été psychologue puis enseignant-chercheur. Il est le concepteur du programme Parcours, proposé depuis 2007 dans toutes les prisons québécoises.

Est-il vraiment établi qu’une peine d’emprisonnement génère plus de récidive qu’une peine de probation ?

Oui, les travaux de James Bonta (projet STICS au Canada) ou de Charles Robinson (projet STARR aux États-Unis) montrent que des peines de probation supervisées par un conseiller bien formé peuvent réduire le taux de récidive de 20 à 25 %. Mais cela dépend de ce qui est fait dans le cadre de la probation ! Il peut aussi y avoir des peines vides de contenu en milieu ouvert. Si le conseiller de probation ne peut rencontrer le condamné qu’une fois tous les deux mois, avec des entretiens limités au contrôle de ses obligations, l’effet sur la récidive est généralement nul. Mais, selon le bilan dressé par Smith, Goggin et Gendreau, l’emprisonnement pour sa part augmente les taux de récidive d’environ 3 %. En France, une étude menée par Annie Kensey en 2011 montre que cette augmentation est encore plus importante s’il s’agit de courtes peines (taux de re condamnation accru de 9 % pour les peines de moins de 6 mois, comparativement à celles de plus de deux ans). Cet impact des courtes peines peut sembler paradoxal mais il s’explique : la personne incarcérée pour un mois ou deux ne voit pas l’intérêt de s’investir dans un projet, elle compte les jours dans des établissements pénitentiaires surpeuplés, et au passage, risque d’être mise en contact avec des normes pro-criminelles (ce qu’on appelle couramment, « la prison, école du crime »). Les données établies par la recherche canadienne reposent sur des méta-analyses, opérant la synthèse à grande échelle de nombreuses évaluations réalisées dans différents pays. Pour comparer ce qui est comparable, on s’assure « que toutes choses soient égales par ailleurs » : niveau socio-démographique, délit, antécédents, etc. Puis on compare des cohortes de personnes condamnées, d’un côté celles qui ont été incarcérées et de l’autre celles laissées en milieu ouvert. Les résultats sont plus robustes que ceux tirés d’une seule évaluation.

Peut-on par ailleurs contester, comme certains en France, que la libération conditionnelle est préférable à une sortie en fin de peine ?

Difficilement, puisque cette donnée figure parmi les mieux établies: la meilleure stratégie pour limiter la récidive, c’est la libération conditionnelle, y compris pour les récidivistes. Par exemple, une étude de Diana Sepejak réalisée en Ontario durant les années 90 a montré qu’après deux ans, le taux de réincarcération des libérés conditionnels était de 29 % comparativement à 58 % pour ceux libérés en fin de peine. Des personnes qui étaient déjà peu insérées avant la prison ont des défis importants à relever à la sortie, ce qui nécessite un accompagnement. Au Canada, les primo-délinquants sont accessibles à la conditionnelle dès le tiers de la peine, la plupart des récidivistes ou auteurs d’infractions plus graves aux deux tiers. L’octroi n’est pas automatique, mais il est très fréquent. A tout le moins, le dernier tiers de la peine est purgé en milieu ouvert. La plupart des personnes suivent un programme lié à leurs problématiques (toxicomanie, violence…) qui commence souvent en prison pendant deux-trois mois, et se poursuit à l’extérieur en libération conditionnelle pendant six à huit semaines.

Peut-on enfin affirmer que des peines d’emprisonnement plus longues ou des conditions de détention plus pénibles, ont un effet dissuasif ? Et de prévention de la récidive ?

Non, c’est un mythe. Plusieurs études – notamment des méta-analyses de Paul Gendreau – montrent que la longueur de la peine n’a aucun effet, ni de dissuasion ni de prévention de la récidive. Quant à des conditions de détention dures et austères (salubrité insuffisante, mauvaises relations surveillants-détenus, niveau de violence élevé, suicides et décès dans l’établissement…), elles sont au contraire associées à un taux de récidive de 58 %, contre 42 % pour des conditions moins dures (tel que montré par Cheryl L. Jonson et Francis Cullen). Ce n’est pas la longueur de la peine qui compte, c’est son contenu, même en milieu fermé. Dans certains cas limités et certaines conditions, c’est-à-dire lorsque des programmes intéressants sont mis en place, il y a des peines de prison qui ont des effets de diminution de la récidive de 15 à 25 %.

Les outils d’évaluation du risque de récidive utilisés au Canada sont très contestés en France. L’idée qu’il serait possible d’établir des « prédictions » du comportement est mise en cause. Que pouvez-vous répondre ?

Qu’il ne s’agit pas de prédiction, encore moins linéaire ou certaine, mais d’estimation. L’évaluation canadienne mène à une conclusion formulée ainsi : « Monsieur X est dans un groupe où les deux tiers des personnes récidivent dans les trois prochaines années, si leur situation reste la même. » On ne dit pas « monsieur est dangereux et va récidiver ». On donne aussi l’impression que l’estimation du risque arrive avec ces outils, alors que les professionnels faisaient déjà ce type d’estimation, même en France, sur la base de leur seul jugement professionnel. Or, il a été évalué à maintes reprises (notamment par John Monahan) qu’un clinicien qui évalue sans instrument se trompe deux fois sur trois, le plus souvent dans le sens d’une surestimation du risque. Les outils actuariels se basent sur des données issues de la recherche et servent de garde-fous par rapport à des critères intuitifs. Par exemple, un conseiller de probation doit s’occuper de Jean, 40 ans, auteur d’inceste et de Pierre, 22 ans qui a commis trois vols de voitures. Intuitivement, il aura tendance à mettre le paquet sur l’auteur d’inceste. Or, les statistiques montrent que les taux de récidive sont bien plus élevés chez les auteurs de délits mineurs. L’outil indiquera donc qu’il faut prioriser l’auteur des trois vols. Quitte à laisser aux psychologues et psychiatres le soin de pratiques plus spécialisées, en matière de délinquance sexuelle par exemple.

Les outils actuariels sont également décriés en ce qu’ils réduiraient le travail des professionnels au remplissage de grilles derrière un ordinateur, qu’en pensez-vous ?

Précisons déjà que l’outil actuariel n’est pas censé être rempli pendant les entretiens avec la personne mais après, sur la base de ce qui a été discuté et d’autres sources comme le dossier pénal, les informations d’autres professionnels. Par ailleurs, le conseiller doit continuer d’utiliser son jugement professionnel. Si l’évaluation fait apparaître un facteur de risque comme la toxicomanie, le professionnel doit estimer à partir de quelles habitudes de consommation, chez monsieur Jean, la toxicomanie pose vraiment problème. L’appréciation professionnelle doit s’exercer également pour évaluer le lien de cause à effet avec le passage à l’acte : la toxicomanie de Jean n’a peut-être rien à voir avec son activité délinquante. Enfin, tous ces outils laissent la possibilité de déroger aux résultats chiffrés, à condition de s’en expliquer. Le conseiller peut ainsi conclure : « le résultat de Jean est de X, ce qui le met dans une catégorie à risque élevé ; mais considérant le facteur Y, j’estime que l’instrument sur-évalue ou sous-évalue le risque. Pour ce faire, je me suis appuyé sur les éléments suivants… ». L’outil oblige à argumenter une dérogation sur la base de critères identifiés par la recherche.

Ces outils permettent-ils également de mettre en évidence les aspects sur lesquels travailler au cours du suivi ?

Le premier principe du modèle canadien (RBR) est celui du risque: intervenir prioritairement et de manière plus intensive auprès de ceux qui ont le plus de risque de récidive. L’évaluation doit également répondre à la question des besoins : sur quoi va-t-on intervenir, quels problèmes de la personne ? La recherche canadienne a recensé les besoins directement liés au passage à l’acte délinquant en huit grands domaines, dont les difficultés d’emploi, la consommation de produits, l’impulsivité, le manque de loisirs, les difficultés conjugales et familiales et surtout… les croyances et représentations qui poussent à commettre une infraction. Évaluer les besoins, c’est bien cerner les problématiques et les contextes qui favorisent la commission d’infractions pour chaque personne. L’évaluation permet de prioriser deux ou trois objectifs et de formuler un plan d’intervention. Le troisième principe est la réceptivité de la personne à tel ou tel mode d’intervention. Si l’individu a des difficultés de concentration, n’aime pas beaucoup discuter, est plus dans l’action, on va plutôt utiliser des pictogrammes, une activité manuelle…

Quels sont les risques d’une évaluation telle que celle réalisée dans les SPIP ou par les experts psychiatres en France ?

De se tromper plus souvent, en suivant des personnes qui n’en ont pas besoin et en laissant de côté des personnes qui ont de fortes chances de recommencer. Par ailleurs, les évaluations non structurées sont-elles opérantes pour identifier les besoins et proposer des interventions utiles ? Dans l’évaluation de la dangerosité pratiquée en France, il est souvent question de la personnalité, des troubles mentaux… Que peut faire un conseiller de probation lorsqu’il reçoit un rapport disant que la personne a une personnalité immature, narcissique, ou des troubles mentaux ? Peut-il définir des objectifs sur cette base ? Les instruments anglo-saxons me semblent plus utiles à cet égard ; dans les pays où ils sont utilisés, plus grand monde ne milite pour un retour en arrière.

Quels sont les résultats du modèle canadien RBR ?

Ce modèle a été formalisé dans les années 80-90. En 25 ans, une centaine d’évaluations en ont été faites. Il en ressort que si les intervenants appliquent un seul de ces trois principes, on ne réduit la récidive que de 3 à 4 %. Si on applique deux principes, on peut diminuer la récidive de 15 %, et quand on applique les trois principes, on fait baisser la récidive de 22 à 25 %. C’est plus efficace en milieu ouvert qu’en prison. Probablement parce qu’on travaille alors sur les situations à risque dans le contexte de vie réel des personnes: elles peuvent immédiatement mettre en pratique ce qu’elles apprennent dans le cadre du suivi.

Si le conseiller de probation ne peut rencontrer la personne condamnée qu’une fois tous les deux mois, avec des entretiens limités au contrôle des obligations, l’effet sur la récidive est nul.

Il y a un quatrième principe, dont on parle moins, celui de « l’intégrité » : un programme doit être mis en œuvre tel qu’il a été conçu. Si le nombre de séances prévues n’est pas respecté, que les professionnels ne sont pas formés par un intervenant habilité, qu’ils n’ont pas de supervision pour veiller à la bonne compréhension du programme et de ses bases théoriques… il ne reste plus grand-chose. Ce critère est essentiel, il demande d’investir sérieusement dans les programmes qu’on met en place, c’est un des points faibles au Canada en ce moment.

Vos programmes fondés sur les thérapies cognitivo-comportementales soulèvent aussi des oppositions en France, en ce qu’ils cibleraient principalement les « modes de pensée » des condamnés, négligeant ce qui relève de l’exclusion sociale. Qu’en pensez-vous ?

La crainte serait fondée si l’accompagnement assuré au Canada se limitait à ces programmes, ce qui n’est pas le cas. Un volet important du travail de nos agents de probation est centré sur la réinsertion sociale. Si monsieur X n’a pas de revenus, pas de logement, une maladie grave, même si ça n’a rien à voir avec sa récidive, on va s’en occuper aussi. Les programmes de type cognitivo-comportemental représentent deux à quatre heures d’intervention hebdomadaire. Ce ne sont pas de simples groupes de parole, ils suivent une méthodologie structurée, permettant de travailler sur le facteur le plus déterminant en matière de récidive selon la recherche, à savoir les représentations (croyances, idées reçues). Par exemple, « comme c’est ma femme, j’ai le droit de la frapper », « les enfants aiment les attouchements sexuels », « l’agressivité est une bonne manière de parvenir à ses fins », « s’il me regarde, c’est qu’il me cherche », « si ma copine se fait belle, c’est qu’elle me trompe », « les riches on peut les voler, ça ne leur fait rien ». Dans le cadre des programmes, on va identifier avec la personne ce type de certitudes et les questionner. Si le travail est ciblé sur ces pensées (« cognitions »), c’est aussi parce que c’est là-dessus que les personnes condamnées ont le plus de pouvoir d’agir. Les facteurs sociaux, qu’il ne faut absolument pas nier, demandent une action de plus long terme et le succès ne dépend pas seulement de la personne, mais d’un contexte socio-économique, d’un employeur, d’un propriétaire d’immeuble… On peut ainsi considérer que les bonnes pratiques relèvent d’un mélange de programmes cognitivo-comportementaux et de travail social.

La probation en France reste dominée par un modèle de « contrôle du respect des obligations » imposées au condamné, qui vient d’être renforcé par la réforme pénale. Qu’en dit la recherche ?

L’hypothèse, montrée par exemple par les travaux de James Bonta, c’est que l’effet sur la récidive sera nul. Quand la probation se contente de contrôler et faire respecter des obligations, on n’a pas les effets négatifs de la prison, mais pas d’efficacité non plus. Parce que les besoins des personnes pour sortir de la délinquance ne sont alors pas abordés et traités de manière individualisée. On oublie également l’importance de la posture professionnelle du conseiller de probation. La méthode de l’entretien motivationnel résume les grands principes qui devraient le guider: être structuré, mais laisser au condamné son libre arbitre, une liberté d’action pour prendre des décisions; être en recherche de solutions plutôt que de pointer les problèmes; être très encourageant, même à l’égard de petits changements… Lorsque les conseillers sont formés à cette approche, les taux de récidive diminuent de 5 à 10 %. S’ils sont aussi formés à une évaluation des risques et besoins, la récidive diminue de 15 à 20 %.

Existe-t-il d’autres modèles que le RBR ayant des résultats équivalents ? Ou qui vous paraissent prometteurs ?

Le Good Lives Model, développé par le néo-zélandais Tony Ward, suscite beaucoup d’engouement depuis une dizaine d’années. Il s’agit d’une traduction du RBR en positif, ciblant les atouts et points forts de la personne à développer pour ne pas récidiver (plutôt que les facteurs de risque). L’accompagnement vise à aider la personne à atteindre un objectif plus global de « vie satisfaisante ». Tony Ward reproche en effet au RBR de ne pas tenir suffisamment compte des aspirations des personnes. Le GLM est-il plus humaniste que le modèle RBR ? Oui. Mais est-ce que ça marche ? On ne sait pas, les don- nées d’évaluation se font un peu attendre. Une autre critique du modèle canadien, développée par les anglais du courant de la désistance, comme Stephen Farrall et Fergus McNeill, m’apparaît une excellente perspective d’avenir. Ces criminologues développent un travail d’accompagnement selon une approche presque sociologique. Ils sont engagés socialement, voire politiquement, sur la réforme des institutions. Ils essayent par exemple d’inciter les responsables pénitentiaires à réinviter comme bénévoles, voire à embaucher, des anciens détenus sortis de la délinquance. Ils encouragent aussi les employeurs à réserver 5 ou 10 % des postes à des condamnés en réinsertion sociale, idem pour le logement, etc. Ce travail auprès des institutions, qu’ils intègrent dans la mission des agents de probation, me semble salutaire et complémentaire au travail d’orientation psycho-criminologique canadien.

Au vu de la situation en France, quels types de méthodes vous paraîtraient transposables ?

Je crois que le modèle de la désistance est celui qui plaît le plus en France. Il intègre davantage la dimension sociale et les besoins fondamentaux des personnes suivies. Le modèle des Good Lives est moins connu. Sur le modèle RBR, 40 à 50 % des conseillers de probation que je rencontre le connaissent et sont impatients de le pratiquer. Un réseau d’échanges sur ces méthodes s’est mis en place, j’ai déjà assuré des formations dans cinq directions interrégionales pénitentiaires… La même proportion de CPIP restent très inquiets à l’égard de ce modèle. Pour 20-25 % d’entre eux environ, prioriser les facteurs de risque en lien avec la délinquance pose problème, ils déplorent que cela conduise à ne pas s’occuper d’une personne à risque faible, même si ses besoins sont nombreux. Ma réponse est que l’institution pénitentiaire n’a pas à répondre à tous les besoins (sociaux, sanitaires, etc.), les services sociaux de droit commun doivent prendre le relais. Je ne comprends pas bien ce clivage que j’ai parfois observé en France entre réinsertion sociale et prévention de la récidive, alors que les deux approches sont complémentaires : la prévention de la récidive contribue à la réinsertion sociale et vice-versa. S’il s’agit pour les CPIP de ne traiter que les questions d’insertion, le Canadien que je suis demande aussi des résultats. Sur trois ans, pour combien de condamnés votre intervention a permis de retrouver un emploi, un logement, des liens familiaux? Si ces données existaient, on pourrait discuter de l’efficacité des différentes pratiques et de leur complémentarité. Cette limite apparaît dans les échanges avec les professionnels en France: j’ai parfois l’impression que derrière la résistance au modèle RBR, il y a aussi un refus de toute évaluation des pratiques.

Quels seraient les bénéfices d’un développement en France des méthodes déjà évaluées comme efficaces (pour les condamnés, le corps social, les professionnels) ?

Du côté des personnes condamnées, les chances de sortie de délinquance et de réinsertion sociale sont meilleures en appliquant des méthodes appuyées sur des données probantes. Une évaluation plus juste peut aussi leur permettre de bénéficier de libérations conditionnelles ou de permissions de sortir… qui leur sont aujourd’hui refusées sur la base d’évaluations de la dangerosité ou de critères non significatifs pour la récidive. Pour la société en général, on avance des arguments budgétaires. En réduisant la récidive de 20 à 30 %, chaque euro investi dans le modèle RBR a un retour sur investissement de 300 % au bout de cinq ans : les policiers qui ne sont pas intervenus, le procès qui n’a pas eu lieu, le juge qui n’a pas travaillé, les victimes qu’on n’a pas à indemniser, la détention évitée… Réduire la récidive représente une économie importante de fonds publics. Il y a aussi un argument sécuritaire : en 2012, le taux de crimes déclaré a atteint son plus bas niveau au Canada depuis 1972. Le taux de récidive reste relativement faible, même sur des publics à haut risque, comme les jeunes auteurs de délits contre les biens (38 % au Québec). La baisse de la criminalité ne s’explique pas seulement par les programmes. Quand l’économie va bien, que la population vieillit, la criminalité baisse. Mais il est établi que les pratiques que nous avons mises en place ont aussi largement fait baisser la récidive. Enfin, alors que les CPIP français me semblent dans une quête de définition de leur métier, le développement d’un modèle comme le RBR leur donne un champ d’activité propre, dans lequel ils sont vraiment compétents et n’ont pas l’impression d’être des apprentis psychologues plus ou moins imposteurs. L’école de criminologie existe à Montréal depuis une cinquantaine d’années, le modèle RBR depuis une trentaine d’années. Cela a contribué à ce que les agents de probation ou de libération conditionnelle aient un métier spécifique, des compétences reconnues comme utiles et efficaces.

Recueilli par Barbara Liaras et Sarah Dindo