DEDANS DEHORS n°74-75 - décembre 2011
Politique pénale : quand les idées reçues dictent leurs lois

S’il est un domaine où fantasmes et contre-vérités cohabitent, c’est bien celui du crime, de la délinquance et de la peine. « Ce qui domine est la désinformation et la propagation des idées reçues, par exemple que la peine de mort peut faire reculer la criminalité ou que les taux d’homicide sont en hausse », estime Denis Salas, magistrat. Les idées reçues concernent aussi bien les auteurs d’infraction que la nature de la délinquance ou de la réponse pénale. Il n’est pas un crime médiatisé sans que ne soit brandie la figure du « monstre » à bannir de l’humanité. Comme s’il fallait que chacun puisse aussitôt s’en démarquer. « Ils sont nous », affirmait à l’inverse l’OIP dès sa création en 1990. Le psychiatre Jean-Louis Senon rappelle ainsi que nous sommes tous porteurs de sentiments tels que « la violence, la haine, la rage, la jalousie », qui « dans certaines circonstances, peuvent conduire au passage à l’acte criminel ». Acteurs et professionnels relèvent souvent, en se plongeant dans un dossier pénal, qu’un passage à l’acte, même grave, peut arriver plus facilement que l’on ne veut bien l’admettre. Nombre d’études criminologiques analysent ce contexte dans lequel une personne a « basculé », cette succession d’évènements et de situations ayant agi pour elle comme des facteurs déclencheurs : séparation d’un conjoint, perte d’un travail, alcoolisme, rupture de soins, isolement, fréquentations…

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Sommaire

Edito

  • Edito. Une radiographie carcérale

Actu

  • Loi sur l’exécution des peines : le mirage carcéral
  • Le Sénat déconstruit le budget pénitentiaire
  • Une prévention de la récidive au rabais
  • La surpopulation, cancer des prisons françaises
  • La justice des mineurs passée au karcher
  • La fouille intégrale systématique dans le viseur du juge administratif
  • L’isolement au minimum absolu
  • Libérer l’accès au Web

De facto

  • Les cadres pénitentiaires jugent sévèrement leur administration
  • Placé à l’isolement pour s’être exprimé sur ses conditions de détention
  • L’interdiction de téléphoner à l’OIP est « nulle et non avenue »
  • Envois autorisés d’objets en prison : une absurdité chasse l’autre
  • TV : un long chemin vers l’uniformisation des tarifs
  • Droits à la retraite des personnes détenues : le Gouvernement ne tient pas ses engagements
  • Les ERIS accusées de violences
  • Pas de sanction pour des surveillants ayant bâillonné un détenu
  • Déontologie de la sécurité : saisir le Défenseur des droits
  • Obstacle au droit de visite d’un détenu hospitalisé : le juge administratif rappelle le préfet à l’ordre
  • Des transferts para-disciplinaires privent trois détenus martiniquais de toute visite de leurs proches
  • La prise en charge médicale de deux détenus reportée pour cause de cérémonie d’investiture de la nouvelle directrice
  • Expertises psychiatriques : un « frein injustifié » aux aménagements de peine
  • Pas de promenades ni d’activités depuis plus trois ans pour un homme vulnérable
  • Pas aux normes, le bâtiment principal de détention reste ouvert

Dossier - Politique pénale : quand les idées reçues dictent leurs lois

En droit

  • Conditions de détention : la mise aux normes peut-être demandée en urgence
  • Insalubrité : les établissements récents ne sont pas épargnés
  • CEDH : les ERIS font encore condamner la France
  • Régimes différenciés : la décision de placement en secteur « portes fermées » est attaquable devant le juge administratif
  • Des conditions d’extractions médicales jugées comme traitement dégradant

En actes

  • Mémoires de prison
  • Suppression des droits civiques… à perpétuité
  • Politique de sécurité : dix ans d’imposture
  • Droit à l’image pour les prisonniers
  • « La prison doit devenir une peine alternative »
  • Dans la peau d’un surveillant
  • Que savez-vous des nouvelles prisons ?
  • « Ici l’ombre, les voix captives »

Lettres ouvertes